samedi 27 novembre 2021

Sais-tu que je pleure ?

 Sais-tu que je pleure ?

Je sors de mon dortoir, j'ouvre mon comptoir,

Et sans le savoir, je meurs.

Ils me célèbrent, tous comme un seul homme, sans désarroi,

Mais dans le fond, ce n'est pas moi qui leur donne cette impression ;

Car je ne cherche ni leur gloire, ni leur approbation.

Je dandine d'entre les mots, les filles et les faits.

Mon armoire est un scandale d'oppobres méchants et laids.

Et celle-ci se ferme à peine.

J'ai du mal à te le dire, mais je n'en suis plus si sûr.

Il est des jours où, brisé et émerveillé, de par ses propres mots, on se sent blasé et ridicule.

Tu me parleras de mon honneur, peut-être.

Certes, j'aime mon estime de soi, mais sans réserve pour toi.

Or, ton bonheur m'importe. Peut-être !

Serais-je pour toi un caillou à double tranchant, qui se veut ennemi du bien de ceux qui s'aiment de façon inconditionnée lorsque tout paraît inaimable et charnel ?

Ou quand viendra le temps de prouver mes vœux les plus sincères, soudain la force me quittera et ferait place à la trouille émotionnelle ?

J'ai dit « Oui », sans réfléchir avec persistence.

Maintenant j'y pense et je me dis « quelle bêtise !

Tu aurais pu avoir mieux que ça, n'eût été ma présence

Illusoire et temporaire, sans garantie...»

Là-bas, ils t'aiment tous. Ici, seul moi et mon ombre n'ont d’égard pour toi.

Quel poids cela a-t-il sur toi ? Les tiens ne l'accepteront pas :

Tu leur es trop chère et ça, je le sais tout comme toi.

Je te laisse quand il est encore temps.

La route est longue, les jours pénibles et les mots insuffisants pour exprimer mon charisme idoine et passionné pour toi.

À la fin, je dirai « Adieu », car c'est Lui, Dieu, qui sait ce que nous réserve l'avenir.

J'aimerai avoir tort sur mon tort d'autrefois et celui d'à présent.

Mon cœur me parle. Que c'est stupide et dégoûtant face à mon Créateur géant ;

Lui qui tient en folie totale ceux qui osent se confier en leurs poitrines.

La raison est bonne, mais l'amour de toi me conditionne.

Désolé, c'est ma voix qui résonne.

Kingsly NCHE

dimanche 21 novembre 2021

Ma première nuit en cellule

 2019/2020

S'il est une année académique qui m'a le plus marqué, c'est bien celle-là. J'ai touché le fond sur tous les plans. Ma vie en a pris un gros coup. Mais alors, un très gros coup.

Entre les incompréhensions avec mes camarades et d'autres instances décisionnelles, malgré mon intention de toujours vouloir bien faire, j'en ai vu de toutes les couleurs. Cerise sur le gâteau ; même ma spiritualité, je l'ai pratiquement perdue, résigné dans ma bulle. Je vous en parle et de comment Dieu ne dort, quand bien même on l'ignore.

J'aime le travail bien fait. Aussi suis-je perfectionniste et puriste dans mes attentes. Et comme si Dieu me donnait de comprendre qu'il est Maître de tout et de tous, il me permit, malgré mes efforts, d'obtenir largement en deçà de mes attentes. J'eus la note la plus basse dans une matière. Le petit dernier de la classe quoi, moi qui fus toujours parmi les plus forts de la filière journalisme, niveau III, à l'Esstic (École supérieure des sciences et techniques de l'information et de la communication).

À plusieurs reprises, des enseignants m'ont fustigé en public : la honte pour moi. La maladie, la crainte du lendemain et j'en passe. Mon quotidien m'était difficile, sans compter le fameux article qui me valut la bastonnade verbale du siècle : la honte promotionnelle. Allez savoir !

Je n'avais jamais pensé arriver où je suis arrivé. L'histoire est longue. Je vais l'abréger. Un soir, invité par une amie à Messassi pour un travail, elle décide de me raccompagner dans son véhicule. Nous sommes au début du confinement dû à la Covid-19. Étant très loin de chez elle, elle me dépose au Ministère de l'éducation de base. Nous sommes à Yaoundé, capitale du Cameroun.

Je vais prendre un taxi, car elle en a fait beaucoup, outre sa gentillesse et son hospitalité. J'attends le taxi en vain : peu de véhicules automobiles circulent. Covid-19 oblige. Les rues sont désertes. Finalement, je ne suis pas loin de la maison. Jdécide de marcher. 

(Étant passionné par la photographie, je m'arrête occasionnellement au Lac municipal pour faire des photos. Le ciel est beau, les étoiles brillent d'un éclat étonnant, l'air est frais. Quoi de plus ? La vie est belle. Vers la résidence du gouverneur, je chante à l'improviste. C'est la joie dans mon cœur. Jusqu'ici, j'ignore ce qui m'attend devant. Le pauvre ! Le chemin déjà parcouru, je suis au Château de Ngoa Ekelle (mon quartier) près de Fouta, le restaurant. Là, j'observe une scène. Des gendarmes sont entrain de fermer le restaurant, prennant en même temps les effets du propriétaire.

Toujours photojournaliste dans l'âme et courageux, je sors mon téléphone et commence à filmer la scène, devant ces hommes en tenue. Je me dis que cela ferait un bon article, car ils emportaient la bouteille à gaz géante du type, le menaçaient en passant. La foule est attirée. Sur le champ, deux jeunes hommes sont chopés et mis derrière le camping-car de ces derniers.

Ils viennent vers moi : « Hey hey ! Tu fais quoi ? ». Ça a cuit. Je me présente, carte d'identité et carte professionnelle à l'appui ... « Tu es journaliste hein. Donc, c'est toi qui filmes nos opérations, après on va voir ça dans les réseaux sociaux hein. Chef, chef ! Il dit qu'il est journaliste. » Ça commence à être sérieux. Je deviens le parc d'attraction de ceux qui y sont. Les gendarmes ruent vers moi. L'un d'eux me demande mon téléphone. Je le lui donne. « Montre-moi ce que tu as filmé. » Je le fais. Il saisit le tel et le remet à son chef hiérarchique et me dis : « Tu sais que tu ne verras plus ton téléphone, non ? » Tranquille, je le regarde, sans dire mot. Ensuite, ils me demandent de monter sur le camping-car en gentleman, sous peine d'être brutalisé. Je me plie et m'assoie. 

Voyant mon obéissance, L'un d'eux me dit : « Tu n'es pas un voleur, pourquoi tu t'assoies avec tant d'aisance ? ». Trois inconnus, nous sommes et une dizaine d'hommes en tenue. Nous sommes embarqués. Il est alors 23h et plus. Mon frangin, Joël FOKAM, s'inquiète. Habitué à me voir rentrer tard dans la nuit, dû à mes occupations multiples, dans un premier temps, il se tranquillise. Plus tard, il craque, car j'ai trop duré. Il sonne mon appareil. Le Chef répond et lui dit : « Ton frère as été arrêté ». De l'autre côté j'ai mes effets sur moi : portefeuille, laptop et autres gadgets. Ils me dépouillent de tout et font semblant de me faire une décharge. Ensuite, je suis déchaussé, et mis dans une cellule. 

Dans ma tête, c'est le délire car je ne voyais pas mon délit. Il suffisait de supprimer mes prises. Je suis accueilli dans la cellule en champion. Ironie. Ils me demandent les « droits de cellule. » Je leur brandis un billet de 500frs, ayant soigneusement laissé le reste de mon pactole dehors. La cellule est noire, les cœurs des détenus encore plus. La violence, tant verbale que physique, y règne. Je suis intimidé, menacé et dans la foulée, j'encaisse un coup. L'un des jeunes s'en à moi, insistant que je lui donne de l'argent. Nous sommes resserrés et c'est à peine si l'on trouve de l'espace pour se tenir debout. Je n'arrive pas à le croire : Je vais dormir en tôle en pleine Covid-19, avec une bande de fâcheux prêts à tuer pour une cigarette. Mon Dieu !

Ça bagarre dedans. ça bavarde ! Ils menacent de me sodomiser, si je ne leur apporte pas le reste de mon fric. Pour bon nombre de ces jeunes, personne ne viendra à leur secours pour payer leur caution. Ils s'en prennent donc aux nouveaux et cotisent ainsi leur propre caution. Il y en a parmi eux qui sont déjà à une semaine sans espoir. Je n'arrive pas à dormir. Je réfléchis sur mes contacts et mes réseaux, mais je ne veux pas que la famille sois alertée, car je suis en très mauvais termes avec mes grands frères. Je ne voudrai pas inquiéter ma mère, surtout pas elle. Et comme si celà ne suffisait pas, on me refuse le droit de contacter quique ce soit. Avec un peu de clémence vis-à-vis de mon statut de journaliste, ils viennent me demander si je...

Si je tiens le coup, de temps en temps. Plus tard, l'un d'eux me demande : « Tu veux qu'on te change de cellules ? » Ouf ! Ça puait de l'autre côté. « Oui, merci ! » Je deviens le boss de l'autre côté. Il y a plus d'air et beaucoup d'espace. Il me demande de conseiller les nouveaux. Il est déjà minuit passé et tout compte fait, je vais dormir en tôle. Joël FOKAM contacte quelque camarades de classe. Ils rassemblent de l'argent ci et là pour me faire sortir et récupérer mes effets. Pendant ce temps, il ne dort pas, moi non plus. Je regarde la cellule, pense à Dieu, pense à ma vie, pense à ma famille, pense à mes enseignants, pense à mes camarades de classe. Tout m'arrive. Je suis un tôlard. 😔

Vous savez, Dieu est fort et merveilleux. Le lendemain je sors. Juste pour dire merci à Jésus-Christ pour cette expérience. Je l'ai appréciée plus tard. Merci beaucoup à Joël, à Singui, à Njuplong, à Jacinthe, à Joly, à SIKALI et aux autres qui ne sont pas mentionnés ici. Un immense merci à Diana EYANGO. Que Jésus-Christ vous bénisse. On reconnaît les siens dans les difficultés. Mais, je suis toujours têtu et obstiné. Que Dieu m'aide. 😅

Une nuit en cellule, inoubliable.

Kingsly NCHE


 

Droit de cité

Suis-je acquis ? M'as-tu tout dit ? Saurais-je te faire confiance à nouveau, sans craindre d'être trahi ? Tu me caches certains statuts des tiens et me fais voir ceux auxquels tu n'y tiens. À quoi joue-tu ? 

Tu me dis la vérité qui te plaît, or je connais celles qui chatouillent mes plaies. De qui te fous-tu ? Droit de cité, m'as-tu tout dit ? Sans hésiter, peux-tu me dire oui ?

Chaque jour, on joue, s'en fout de devient fou ! Droit de cité, suis-je à ta droite sans rival de la cité ?

Kingsly NCHE

Le match des K


La lettre K est la onzième de l’alphabet. Aussi, en elle-est la huitième consonne. Qu’elle soit minuscule ou majuscule, sa forme ne souffre de rien, tant la parité visuelle entre les deux se veut indéniable. Dès lors, se pose un problème de supériorité et d’égo, car, qui saura contraindre l’autre à l’abnégation ; à l’abandon respectueux de ses droits à l’égard de son vis-à-vis ? Qui va se négliger ? 

Depuis un certains temps, on assiste à un match entre K et K au sein de l’Esstic ; un vrai combat de boxe digne de ce nom, dont on peine à voir la fin, le K.O. Le cas est d’autant plus frappant au vu du round en cours. Stratagèmes, dénigrement, contrecoups : leurs coups de poing prédisent pourtant le chaos, de l’un comme de l’autre. Cependant, il n’en est rien, rien de plus qu’un cas haut en paroles, mais très bas en actes. À quand le ras-le-bol ?

Certains parlent de concurrence, d’aucuns d’amour. Le K majuscule, censé être masculin, se vante de sa prouesse, tire sur qui il veut et range de son côté les forts. Il est le boss, bossu d’expérience et de longues années en tant que bosseur acharné. « C’est pour lui là-bas ! » s’exprime le K minuscule, censée être féminin. Il est jeune et talentueux, rêve de grandeur et cherche à se faire un nom. Seulement, il lui semble impossible de faire ses preuves sans avoir l’autre à ses trousses : les affaires de destins croisés, quoi. Ce cas est plus fort que nous : seul Dieu saura réconcilier les deux K ou mieux encore, les départager en fracas. En tout cas…

Désormais, le match est très serré. C’est le troisième round. K majuscule pensait avoir mis K minuscule K.O, mais ignorait que celui-ci fût un cas. Hibernation ! L’arbitre, la lettre l’oblige, est aussi un K. Par sa plume, il tire la sonnette d’alarme : se concurrencer pour évoluer peut s’avérer bénéfique, mais la concurrence qui vise à écraser l’autre, de sorte qu’il n’existe de gagnant que nous est une preuve d’avarice. On peut réussir en laissant les autres s’épanouir ; c’est possible. 

Kingsly NCHE

Lettre aux aînés scolastiques de l'Esstic


Chers Aînés, 

Il m'a été rapporté que vous faites preuve de discrimination sexuelle dans la propagation de l'aide que vous offrez à vos cadets (toutes filières confondues). Il se dit, d'ailleurs, que ceux qui bénéficient le plus souvent de celle-ci sont des filles, nos sœurs, en outre. 

Je n'ai de leçon morale à donner à qui que ce soit ; d'autant plus que nous sommes tous grands et responsables de nos actes. Cependant ! Arrivés à l'Esstic, nous fûmes confrontés, et de façon joyeuse, à un principe de parrainage-lequel voudrait que nous nous aidions les uns les autres. Toute chose censée émaner du bon comportement dit-on paternel des grands frères et sœurs, (toutes filières confondues).

Hélas ! Il se trouve que cette valeur n'est que chimère sur le champ du besoin réel de l'étudiant et se veut pompeuse sur le plan sexuel, à tel point que la matière grise nous importe peu au profit de la « matière cuisse. »

Les groupes tels que Esstic Inside, Classico etc.* furent créés pour la cause, semble-t-il, que je défends ce matin. Malheureusement, jour après jour, nous y assistons à un litige virtuel, dans lequel, l'aîné académique cherche à rabaisser ses cadets sous couvert de correction. J'ai assisté, moulte fois, au lynchage de plusieurs, à cause d'un visuel, d'un texte, bref d'une niaiserie qui aurait pu être corrigée Inbox, dans l'amour et le respect, si un tant soit peu l'intention eût été bonne. 

D'où vient-il que vous serviez des filles et répondiez à leurs doléances au dépens de vos petits frères ? J'en parle parce que plusieurs s'en sont plaints et je vous plains. Quelle est donc cette aide arbitraire à caractère sexuel ? Pourquoi faire semblant de vouloir aider dans les fora WhatsApp, lorsqu'il faille porter critique et ignorer les mêmes concernés quand il s'agit d'un emploi, d'un renseignement etc. 

Changeons celà. Le monde professionnel est difficile d'accès et si vous ne pouvez aider que vos cadettes à y accéder, je doute de votre bonne foi et ma foi, je me pose des questions sur ce qui se trame derrière. Quelle est la contrepartie ? 

Si nous sommes tous de l'Esstic et cherchons à briller, mettons de côté ces comportements de dragueurs enfantins et avançons vers l'excellence. Vous ne perdrez rien à aider un petit frère qui vous sollicite. Cessez de prétendre être là, lorsque vos cibles sont nos sœurs. Et même, un bon mari doit savoir être un bon beau-frère aussi. Arrêtons ça, s'il vous plaît ! Ne perdons pas nos valeurs et le respect qui nous est dû parce qu'à la quête d'une partie de jambes en l'air. Ayons pitié de nous-mêmes ! 

Et à vous les filles, méfiez-vous ! C'est pas toujours sur la base de votre matière grise que l'on fait appel à vous. Parfois, c'est pour votre matière cuisse. Soyez sages !

Affectueusement, Kingsly NCHE

Inclusion financière Et si le taux de bancarisation du Cameroun était déjà à 40% ?

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